Le droit à la fantaisie.

Porter de la lingerie en dentelle pour un homme , c’est fantaisiste, il n’y a pas d’autre mot pour cela aujourd’hui.

Certes , on a le droit à cette fantaisie même si cela peut paraître plus fantaisiste encore que de porter une chemise rose par exemple.

Toutefois en avoir le droit, n’est pas forcément vécu comme une liberté dans la mesure où les codes de société sont si présents qu’ils étouffent souvent toute velléité.

On peut comprendre que le rôle que jouent les hommes dans la société les retranche dans un cadre vestimentaire quasi imposé .

Cependant, il est difficile d’admettre qu’ils aient abandonné toute forme de fantaisie dans leurs sous-vêtements. Auraient-ils si peu de goûts pour leur tenue ? Si peu d’envies à exprimer autres que la marque ou la couleur de leurs dessous par exemple ?


On peut voguer à contre courant cependant et préférer la fantaisie comme les femmes savent souvent le faire .

S’habiller « fantaisie» , c’est capter les regards, tant le sien que celui des autres, et c’est accepter voire aussi rechercher qu’il en soit ainsi.

Tout le monde trouve normal de regarder les femmes car elles se mettent en scène; la décence étant de les regarder avec élégance .

Depuis que la femme a ce rôle de séduction qu’on veut lui donner, et qu’elle prend pour affirmer sa place, la mode n’a cessé de créer pour elle toutes sortes de fantaisies .

C’est donc bien parce qu’on regarde les femmes, qu’on a du même coup un regard sur la mode .

S’il n’en était pas ainsi, la mode n’existerait pas .

Culotte_ouverte_Les_Jupons_de_Tess_LJT_Adriana__Mauve_noir2 face

Au rang des accessoires fantaisistes, les bijoux ont de tous temps été les marqueurs qu’il fallait afficher .

Ils dénotaient de l’appartenance , ou du rang dans une société où la concurrence est la règle .

Cela n’a pas vraiment changé en fait, sauf qu’aujourd’hui on distingue bien ce qui est « riche » de ce qui ne l’est pas.

Une montre ! Oui, mais pas n’importe laquelle …

Une lingerie « fine » , qu’elle soit pour hommes ou pour femme reprend ce schéma distinctif qui sépare le luxe du commun , le très bon goût du simplement tendance.

Pour ce faire, il n’est qu’une question de prix, justifié semble-t-il par le travail de création et la présence médiatique.

La fantaisie balaye souvent l’utile et même parfois aussi l’agréable pour attirer à elle les regards et les envies.

Elle n’est là que pour imprimer une esthétique , mettre en valeur , laisser une trace temporelle parfois éphémère, ou parfois très rémanente.

Le strass ….le petit nœud… les croquets…

Culotte_ouverte_Les_Jupons_de_Tess_LJT_Adriana__Mauve_noir4 dos

La fantaisie est l’apanage de tous les vêtements féminins. Tout est fantaisie dans les créations pour femmes car le maître mot est justement celui-ci : créer de nouvelles fantaisies pour dynamiser le marché, créer de l’envie…

La fantaisie est donc le moteur des tendances.

L’homme de son côté s’habille «utile» en tout premier lieu et très rarement avec fantaisie.

Le vêtement masculin est aux antipodes de cette démarche fantaisiste.

Ce manque de fantaisie de la mode masculine n’est pas la faute des créateurs ni des décideurs . En effet , comment admettre qu’ils puissent refuser de se lancer sur un marché qui pourrait être lucratif ?

Certes non !

Il faut donc se résoudre à croire que les hommes ont eu si peu de goût , si peu d’envies à se vêtir qu’ils ont laissé disparaître toute créativité dans la mode masculine.

Le résultat aujourd’hui est à l’image de ce boxer qu’on vous intime de changer tous les jours :

monday-sunday

Vous n’avez même pas le choix de la couleur ; le noir ayant investi tout votre espace lingerie…

C’est en définitive, une mode uniforme, statique ; ce n’est donc plus une mode car il n’y a plus du tout cette dynamique de création qui créé de l’évolution.

Pire, cet état a généré un rejet de tout ce qui pouvait être différent.

Les créateurs en lingerie masculine ont donc dû lutter à contre courant pour générer de la mode et le résultat est là : ils sont aujourd’hui trop rares !

Un bon exemple est celui de la marque CLEVER . Marque jeune et dynamique qui s’est lancé avec de superbes créations très originales et dont le catalogue s’est petit à petit « apprivoisé ».

clever1

Ce qui est trop «fantaisie» est même souvent jugé «mauvais genre» pour un homme alors que c’est souvent accepté et mis en avant pour une femme ( le string en est bien la preuve ).

Aujourd’hui, le vêtement masculin a plus que sombré dans ce que j’appellerais une quasi uniformité de genre. On ne trouve pas de fantaisie… c’est plus que déplorable !

Et c’est particulièrement vrai pour le secteur de la lingerie masculine.

Créer de la fantaisie sur soi a du sens .

Tout autant que pour les créateurs de mode qui font de la fantaisie une recherche à la fois technique et artistique , s’habiller relève de cette recherche intérieure propre à chacun.

Ainsi, s’habiller est-il créer.

Cette création est tournée vers soi; nourrie par un besoin d’accomplissement , une recherche d’équilibre.

Il s’agit de se sentir en accord avec tout le contexte qui nous entoure.

C’est un cliché instantané, une trace du moment, qui parfois demeure en nous au rang des souvenirs indélébiles.

Le mariage par exemple est un moment que l’on veut fort, marqué de plein d’usages parmi lesquels l’apparence vestimentaire ne saurait se souscrire.

Le vêtement a donc de l’importance s’il est un facteur d’équilibre.

S’habiller est aussi une recherche d’identité.

Le fait tout simple de choisir sa tenue est une démarche personnelle. Y mettre du goût, c’est mettre en balance et privilégier ce que l’on est au regard de ce qu’on porte.

Ne pas choisir, c’est sacrifier l’inutile à l’utile ! C’est sacrifier l’originalité à l’uniformité !

C’est aussi une sorte de renoncement devant la masse, devant l’effort, devant le temps qui passe.

Rien n’est plus facile en effet d’être comme tout le monde ( et ainsi disparaître ) , de renoncer à tout effort ( et ainsi s’encroûter ) , de ne pas prendre le temps ( et ainsi ne plus discerner l’urgence) …

L’identité se révèle au travers de l’intérêt qu’on va porter à sa personne, et quel que soit cet intérêt, il relève d’une forme de fantaisie.

Être différent est donc bien « être » , et «  bien être »

On peut vouloir être différent chaque jour ; créer sur soi cette différence de chaque jour nouveau différent d’hier.

On peut aussi vouloir être différent « à jamais » , en choisissant d’être soi-même le support de notre fantaisie.

Le courant très en vogue du tatouage nous montre qu’hommes ou femmes expriment un besoin d’identité qu’ils ne peuvent trouver nulle part et surtout pas dans l’offre vestimentaire.

Se tatouer est faire preuve d’engagement vers soi et vers les autres.

Il est fort probable que cet engagement soit vécu comme un but à atteindre dans cette recherche d’identité. Son résultat passe alors en second plan.

Toutefois qu’il soit caché ou visible , le tatouage relève de toutes façons de la même recherche identitaire.

Le piercing ainsi que toute démarche visant à modifier son propre corps vont encore plus loin.

Dans cette recherche de « l’être », et du « bien être »  on observe une volonté d’exprimer de la fantaisie à la fois vers soi et vers les autres .

Reconnaître cela en soi, en reconnaître le besoin est une expérience riche qui aide à mieux accepter ce que l’on est, mais aussi à mieux accepter son corps tel qu’il est …

Sans aller forcément jusqu’à marquer son corps d’une trace identitaire indélébile, on peut simplement « jouer » avec l’apparence vestimentaire.

Le vêtement change et les comportements aussi , qu’on le veuille ou non . La mode est donc un tout qui n’est pas que vestimentaire.

Vêtements et comportements vont ensemble. L’un est révélateur de l’autre et vice-versa.

Le vêtement s’adapte aux saisons , aux régions , aux cultures , aux besoins, aux tendances …

Le sous-vêtement de même… lingerie de maintien …lingerie invisible… toutes sortes de tendances guidées par une espèce de fantaisie à l’origine.

En effet, n’est-il pas fantaisiste de vouloir modeler son corps avec une lingerie de maintien ?

Certes oui ! Car ce n’est en aucun cas guidé par un besoin naturel.

N’est-il pas fantaisiste de choisir une lingerie invisible ?

Tout autant car ne pas vouloir « montrer » de marques sur la courbe du pantalon est bien orienté vers cette volonté de montrer son corps ou les lignes de son corps … et donc une part de son identité ; un peu comme si ce corps était à nu, sans aucun sous-vêtement ou en laissant planer le doute…

Montrer son corps ou au contraire le cacher, est un jeu qui nourrit la fantaisie.

jean dechiré

La nudité a toujours été révélatrice d’une identité ; l’art en général l’ayant de tout temps

plébiscitée. Elle représente une sorte de forme pure, une essence de l’être .

La recherche de nudité est socialement vécue comme un fantasme dont tout un chacun, homme ou femme, peut mesurer en lui l’imprégnation.

Se « déshabiller » est un acte tout aussi créateur que s’habiller.

Pour exemple, il est de bon goût de déboutonner sa chemise, ou encore de montrer les bretelles de son soutien-gorge, et on peut aller jusqu’à montrer ou suggérer certaines parties plus intimes avec un jean déchiré, un pantalon taille basse ou un débardeur en dentelle .

La lingerie avec son énorme potentiel de fantaisie est donc un vecteur fort pour tous car en approchant la nudité au plus près elle capte en elle tout le pouvoir du fantasme.

lingerie nudité

S’approprier tout ce concept de fantaisie lié à la lingerie est une explosion de découvertes pour un homme.

On ne trouvera donc pas surprenant de constater aujourd’hui un courant fort dans le comportement des hommes vis à vis de leur lingerie, dans leurs désirs de fantaisies diverses des plus sobres au plus extravagantes car ils commencent à faire naître en eux quelque chose du comportement féminin, qu’on a toujours voulu décrypter comme étant de la féminité, mais qui n’est autre qu’une affirmation de leur « être ».

5 commentaires

  1. Merci pour cette analyse fine sur le droit à la fantaisie.
    Il arrive petit a petit, bijoux, catogan ou chignon, chaussure et coupe de barbe….
    la petite culotte fantaisie pointe son nez….

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  2. Dommage qu’il faille se perdre en milliards d’explications avec les nanas, à propos d’une épilation, de collants ou d’une petite culotte de nylon là où elle attend un de ces atroces boxers !
    Surtout, passé un certain âge, j’ai remarqué qu’elles sont totalement fermées à ce type de « fantaisie » !

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    1. faux archi faux je ne suis pas un play boy : 1m62 un peu de ventre et je suis fan de porter de la lingerie féminine. j’ai toujours réussi à faire admettre auprès de mes conquêtes mon penchant à me féminiser. Certaines m’ont offert de la lingerie dans un joli petit paquet .
      Mais voilà M’sieu bel gambe il faut tout d’abord penser à elle non pas en bijoux ou autre cadeaux chics mais en beaucoup et beaucoup de tendresse et d’amour il faut absolument tout d’abord apporter de la jouissance à votre partenaire, soyez sans restriction

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